
Le 8 mars 2026 n’est pas une célébration symbolique : c’est un rappel politique. Dans de nombreuses régions du monde, les droits des femmes reculent sous l’effet des guerres, des fondamentalismes, des populismes et des violences.
Quand la loi faiblit, quand les services publics s’épuisent, quand la peur s’installe, les femmes paient le prix fort : restrictions de libertés, violences, précarité, ruptures de soins, déscolarisation, isolement.
En France, des avancées juridiques et institutionnelles doivent être consolidées. La définition pénale du viol a évolué pour affirmer le non-consentement ; c’est un progrès majeur, mais il ne vaut que s’il s’accompagne de prévention, d’accueil, de soins, de justice, et d’une prise en compte plus fine des violences (dont la soumission chimique).
Sur la santé des femmes, l’endométriose commence enfin à être traitée comme un enjeu structurant, avec une volonté affichée de prévention et de reconnaissance sociale.
À La Réunion, l’actualité rappelle aussi une autre responsabilité : préserver le lien social sans jamais relativiser l’égalité. La « semaine des ferveurs croisées » — ramadan, carême, Nouvel An lunaire, Shivaratri — dit quelque chose de précieux sur notre territoire : la liberté spirituelle et la coexistence sont possibles quand la dignité est non négociable.
Dans un contexte de contraintes budgétaires, il faut rester lucides : l’affaiblissement des moyens publics touche durement d’abord les dispositifs de proximité (accès aux soins, prévention, protection de l’enfance, accompagnement des victimes) et le tissu associatif solidaire. L’égalité ne peut pas dépendre uniquement de la bonne volonté : elle exige une action publique stable, lisible et financée.
Ce 8 mars, nous choisissons une ligne claire : droits, justice, action — pour toutes les femmes et les filles, sans exception.
Et nous saluons toutes celles qui portent l’excellence réunionnaise au plus haut au quotidien parmi lesquelles Gaëlle Bélem et Stéphanie Parassouramanaïk Accama, Gaëlle Bélem, 1ère réunionnaise distinguée par une reconnaissance internationale du New York Times pour la traduction anglaise de son roman sur Edmond Albius, et Stéphanie Parassouramanaïk Accama, lauréate du Prix de thèse du Sénat 2025 pour son travail remarquable sur « La faculté d’adaptation de l’article 73 de la Constitution – Contribution à l’étude de la notion d’autonomie normative des collectivités territoriales au sein de l’Etat unitaire français ». Leurs trajectoires incarnent l’émancipation par la culture, le droit et la connaissance.
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